Vous perdez plusieurs heures chaque semaine à recopier des données d'un logiciel à l'autre ? Make et Zapier promettent tous les deux d'automatiser ces tâches sans écrire une ligne de code. Mais ces deux plateformes ne se valent pas selon votre budget, votre profil et la complexité de vos processus. Voici un comparatif concret, avec des exemples de TPE/PME françaises et une méthode pas à pas, pour trancher sans vous tromper.
Make (anciennement Integromat) et Zapier sont les deux références du no-code d'automatisation. Leur principe est identique : connecter vos applications entre elles pour déclencher des actions automatiques. Quand un client remplit un formulaire, l'outil crée une fiche dans votre CRM, envoie un e-mail de bienvenue et vous notifie sur Slack, sans intervention humaine. La question n'est donc pas de savoir lequel est le meilleur dans l'absolu, mais lequel correspond à votre réalité de TPE ou PME. Si vous débutez tout juste, il peut être utile de prendre un peu de recul sur le panorama des outils no-code avant de choisir votre camp.
Comment fonctionnent ces deux outils
Les deux plateformes reposent sur la même logique : un déclencheur (trigger) lance une suite d'actions. Chez Zapier, on parle de « Zap » ; chez Make, de « scénario ». Le déclencheur peut être un nouveau paiement Stripe, un e-mail reçu, une ligne ajoutée dans un Google Sheet ou un formulaire soumis. À partir de cet événement, l'outil enchaîne les tâches que vous avez définies, à la vitesse de la machine et sans oubli.
La différence de fond est visuelle et structurelle. Zapier fonctionne de manière linéaire : étape 1, étape 2, étape 3, du haut vers le bas. C'est simple à lire et à construire, y compris pour quelqu'un qui n'a jamais touché à ce type d'outil. Make propose un canevas visuel où vous reliez des modules comme sur une carte, avec des embranchements, des boucles et des routeurs. Cette approche est plus puissante mais demande un temps d'apprentissage supérieur. En contrepartie, elle rend visibles d'un coup d'œil des processus que Zapier découpe en plusieurs Zaps séparés.
Un vocabulaire différent, une même finalité
Zapier = Zaps, Tasks, Steps. Make = Scénarios, Opérations, Modules. Ne vous laissez pas perdre par le jargon : dans les deux cas, vous connectez un événement à une ou plusieurs actions.
Comparatif des critères qui comptent
Pour une TPE/PME, cinq critères font la décision : la facilité de prise en main, le rapport puissance/prix, le nombre d'applications connectables, la gestion des scénarios complexes et le modèle de tarification. Chacun pèse différemment selon que vous cherchez à automatiser deux ou trois tâches simples, ou à industrialiser une bonne partie de votre back-office.
| Critère | Zapier | Make |
|---|---|---|
| Prise en main | Très rapide, interface linéaire | Courbe d'apprentissage plus longue |
| Rapport puissance/prix | Correct mais coûte vite cher | Excellent, très économique au volume |
| Applications connectables | Catalogue le plus large du marché | Large, mais un peu moins fourni |
| Scénarios complexes | Limité, branches payantes | Routeurs, boucles, filtres natifs |
| Facturation | À la tâche exécutée | À l'opération (plus granulaire) |
| Traitement des données | Formatage basique | Transformations avancées natives |
Le point de tarification mérite une explication. Zapier facture à la tâche : chaque action réussie consomme un crédit. Make facture à l'opération, une unité plus fine et généralement bien moins chère à volume égal. Concrètement, un scénario un peu élaboré coûtera souvent plusieurs fois moins cher sur Make que le Zap équivalent. Pour une entreprise qui automatise beaucoup, la différence sur l'année est significative. Avant de vous engager, prenez le temps de calculer le retour sur investissement de votre projet d'automatisation : c'est ce chiffrage, plus que le prix de l'abonnement, qui doit guider votre choix.
La question du catalogue d'applications
Zapier reste la plateforme qui connecte le plus grand nombre d'applications, y compris des outils de niche peu répandus. Si votre logiciel métier est un produit confidentiel, il y a de bonnes chances qu'il soit déjà intégré chez Zapier alors qu'il faudra passer par une connexion générique (un « webhook », c'est-à-dire un pont technique) sur Make. Pour la plupart des outils grand public en revanche (Gmail, Google Sheets, Slack, HubSpot, Stripe, WooCommerce), les deux plateformes se valent largement.
Trois exemples concrets de scénarios
Exemple 1 : gérer les nouveaux prospects
Imaginons un artisan qui reçoit des demandes de devis via un formulaire sur son site. Le scénario automatique idéal :
- 1Déclencheur : un nouveau formulaire est soumis.
- 2Création automatique d'une fiche contact dans le CRM (HubSpot, Pipedrive, Notion).
- 3Envoi d'un e-mail de confirmation personnalisé au prospect.
- 4Notification sur le téléphone ou dans Slack pour rappeler sous 24 h.
- 5Ajout d'une ligne dans un tableau de suivi Google Sheets.
Ce cas est linéaire et sans embranchement : Zapier le gère parfaitement, en quelques minutes de configuration. C'est le terrain de jeu idéal pour un débutant. Ce type de chaîne est si courant qu'il mérite un article à lui seul : voyez comment connecter votre formulaire de contact à votre CRM automatiquement pour ne plus jamais laisser un prospect sans réponse.
Exemple 2 : traiter des commandes selon leur montant
Prenons maintenant une boutique en ligne qui veut traiter ses commandes différemment selon leur valeur : les commandes de plus de 500 € déclenchent un appel commercial, les autres partent en traitement standard. Il faut ici un routeur qui aiguille le flux selon une condition, plus une mise en forme des données avant de les envoyer à la comptabilité.
Ce scénario conditionnel et ramifié est le domaine de prédilection de Make. Ses routeurs, filtres et outils de transformation de données sont natifs et illimités, là où Zapier réserve les branches (« Paths ») à ses formules payantes. Dès qu'un processus commence à ressembler à un arbre de décision plutôt qu'à une ligne droite, Make reprend l'avantage.
Exemple 3 : synchroniser deux logiciels métier
Beaucoup de TPE passent un temps fou à recopier les mêmes informations d'un outil à l'autre : la fiche client saisie dans le logiciel de caisse, puis re-saisie dans la facturation, puis dans le tableur de suivi. Un scénario qui écoute un logiciel et met à jour l'autre en temps réel supprime cette double saisie et les erreurs qui vont avec. C'est exactement le sujet de notre guide dédié pour automatiser la saisie de données entre deux logiciels, qui détaille les pièges de synchronisation à anticiper.
Commencez petit
N'essayez pas d'automatiser dix processus d'un coup. Identifiez la tâche répétitive qui vous coûte le plus de temps chaque semaine, automatisez-la seule, vérifiez qu'elle tourne pendant quinze jours, puis passez à la suivante.
Les erreurs fréquentes quand on se lance
Le choix de l'outil n'est qu'une partie de l'équation. La plupart des automatisations qui déçoivent échouent pour des raisons qui n'ont rien à voir avec Make ou Zapier. Voici les pièges les plus courants observés chez les TPE/PME.
- Automatiser un mauvais processus : si la tâche est mal définie ou trop rare, l'automatisation ne rapporte rien. On automatise ce qui est répétitif, fréquent et stable, pas l'exception.
- Négliger les cas d'erreur : un e-mail sans adresse, un champ vide, une API momentanément indisponible. Sans gestion des erreurs, le scénario s'arrête ou produit des données fausses.
- Empiler les Zaps sans vue d'ensemble : à force d'ajouter des automatisations isolées, on perd le fil de ce qui tourne, et deux scénarios finissent par se marcher dessus.
- Oublier le coût réel : un scénario qui se déclenche des centaines de fois par jour consomme énormément de tâches ou d'opérations. Toujours estimer le volume mensuel avant de lancer.
- Ne pas documenter : quand la personne qui a créé le Zap part, plus personne ne sait comment il fonctionne.
Ces réflexes s'apprennent vite. Pour aller plus loin, nous avons rassemblé l'essentiel dans un article dédié aux erreurs à éviter quand on automatise un processus.
Le piège du scénario non surveillé
Une automatisation qui plante en silence peut faire perdre des prospects ou fausser votre comptabilité pendant des jours. Prévoyez toujours une notification d'erreur et un contrôle régulier. C'est souvent ce point, plus que le choix de l'outil, qui distingue une automatisation fiable d'un gadget.
Méthode pas à pas pour choisir et démarrer
Plutôt que de trancher à l'aveugle, suivez une démarche simple qui vous évitera de payer un abonnement inadapté.
- 1Listez vos tâches répétitives et estimez le temps qu'elles vous coûtent chaque semaine. C'est votre gisement de gain.
- 2Choisissez le processus le plus rentable à automatiser en premier, celui qui combine forte fréquence et faible complexité.
- 3Cartographiez le flux : quel déclencheur, quelles étapes, quelles conditions éventuelles ? Un flux droit oriente vers Zapier, un flux ramifié vers Make.
- 4Testez sur l'offre gratuite des deux plateformes avec ce premier cas d'usage réel, sans engagement.
- 5Ajoutez la surveillance : notification d'erreur, log de suivi, contrôle hebdomadaire.
- 6Mesurez, puis passez au processus suivant. L'automatisation se construit brique par brique, pas d'un bloc.
Cette approche progressive est la même quel que soit l'outil retenu. Si vous cherchez de l'inspiration pour vos premiers scénarios, notre sélection de 10 automatisations no-code à mettre en place cette semaine donne des idées immédiatement actionnables.
Calculez votre TVA en un instant
Beaucoup de scénarios d'automatisation touchent à la facturation et à la comptabilité, où le calcul de la TVA revient sans cesse. Utilisez cet outil gratuit pour vérifier un montant HT, TTC ou une TVA en quelques secondes.
Alors, lequel choisir ?
La réponse dépend de votre profil. Voici une grille de décision simple.
Choisissez Zapier si :
- Vous débutez et voulez un résultat en quelques minutes.
- Vos automatisations restent simples et linéaires.
- Vous utilisez un outil de niche : le catalogue d'applications de Zapier est le plus large.
- Le budget n'est pas votre premier critère et vous privilégiez le confort.
Choisissez Make si :
- Vous avez des scénarios avec conditions, boucles ou traitements de données.
- Vous automatisez beaucoup et voulez maîtriser vos coûts.
- Vous êtes à l'aise avec une logique un peu plus technique, ou accompagné.
- Vous voulez une vision visuelle et modulaire de vos processus.
Le meilleur outil d'automatisation est celui que vous configurez correctement et que vous surveillez, pas celui qui a la plus longue liste de fonctionnalités.
Une stratégie hybride est possible
Rien ne vous oblige à trancher définitivement. De nombreuses entreprises gardent Zapier pour deux ou trois automatisations simples et bien intégrées, et basculent sur Make pour les scénarios volumineux ou conditionnels. L'important est de rester cohérent et de documenter ce qui tourne où.
Notre recommandation et l'accompagnement TC Automation
Pour la majorité des TPE/PME, notre conseil est le suivant : testez Zapier pour vos premières automatisations simples afin de comprendre la logique, puis basculez sur Make dès que vos scénarios se complexifient ou que la facture Zapier grimpe. Les deux disposent d'une offre gratuite suffisante pour valider un premier cas d'usage sans engagement. Si vous ne savez pas par quel bout prendre le sujet, notre guide par où commencer pour automatiser son entreprise pose les bases avant même le choix de la plateforme.
Questions fréquentes
Make ou Zapier : lequel est le moins cher ?
À volume égal, Make est généralement plus économique car il facture à l'opération, une unité plus fine que la tâche facturée par Zapier. Pour de petits volumes et quelques automatisations simples, la différence reste modeste. Elle devient nette dès que vous automatisez beaucoup ou que vos scénarios comportent plusieurs étapes.
Comment débuter avec Make ou Zapier quand on n'y connaît rien ?
Commencez par une seule tâche répétitive, la plus chronophage de votre semaine. Créez le scénario correspondant sur l'offre gratuite, testez-le avec de vraies données, puis laissez-le tourner quinze jours avant d'en ajouter un autre. Zapier est souvent plus rassurant pour un premier essai grâce à son interface linéaire.
Peut-on utiliser Make et Zapier en même temps ?
Oui, et c'est même une stratégie courante. Beaucoup d'entreprises gardent Zapier pour quelques automatisations simples et utilisent Make pour les scénarios complexes ou volumineux. Veillez simplement à documenter ce qui tourne sur chaque plateforme pour ne pas créer de doublons.
Quel outil choisir pour un e-commerce ?
Pour un e-commerce qui traite des commandes selon des règles (montant, pays, type de produit), Make est souvent plus adapté grâce à ses routeurs et filtres natifs. Si vos besoins se limitent à envoyer une confirmation et à ajouter le client dans un tableur, Zapier suffit largement.
Faut-il savoir coder pour utiliser ces outils ?
Non, les deux plateformes sont conçues pour fonctionner sans code. Make demande toutefois un peu plus de logique technique pour tirer parti de ses fonctions avancées comme les transformations de données ou les webhooks. Un accompagnement au démarrage permet de gagner beaucoup de temps sur cette prise en main.
En résumé
Zapier gagne sur la simplicité et l'étendue du catalogue, Make gagne sur la puissance et le prix au volume. Mais le vrai enjeu n'est pas l'outil : c'est l'identification des bons processus à automatiser et leur fiabilité dans le temps. Une automatisation mal pensée fait perdre plus de temps qu'elle n'en gagne, tandis qu'un scénario bien choisi et surveillé libère durablement vos équipes des tâches sans valeur ajoutée. Chez TC Automation, nous auditons vos tâches répétitives, choisissons l'outil adapté à votre contexte, construisons les scénarios et mettons en place la surveillance pour qu'ils tournent sans surprise. Que vous partiez de zéro ou que vos automatisations actuelles montrent leurs limites, parlons de vos processus : le premier échange suffit souvent à identifier vos gains les plus rapides.



